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La Police Technique et Scientifique : les origines

Aujourd’hui dans les fictions policières, les techniciens de la Police Technique et Scientifique (PTS) peuvent à peu près tout analyser, tout déduire et tout comprendre avec tout un tas d’appareils aux noms aussi poétiques que le spectromètre de masse.

Le champ de la Police Technique et Scientifique se nomme aussi sciences forensiques, d’ailleurs dans les fictions anglophones, ce terme apparaît souvent, écrit forensics sur les blousons, les véhicules et les valises.

Avant d’être popularisée par les beaux gosses d’Hollywood, la Police Technique et Scientifique est née en France à la fin du 19ème siècle. La problématique est évidemment d’identifier les criminels récidivistes. La Préfecture de Police recrute donc un certain Alphonse Bertillon en 1879, issu d’une lignée de scientifiques, avec la mission de mettre au point un moyen sûr d’identifier les criminels récidivistes.
Sa méthode repose sur la prises de 11 mesures osseuses, taille, hauteur du buste, envergure des bras, longueur et largeur de la tête… Et le 16 février 1883, il réalise sa première identification. Il atteint une cinquantaine en fin d’année et 241 en 1884. C’est le succès pour la méthode Bertillon et le début de la Police Technique et Scientifique.

Par la suite il complète sa panoplie avec la description des marques particulières : grains de beauté, cicatrices, tatouages. On imagine que même sans Bertillon, on aurait pu y penser avant, mais bon, ça s’est formalisé et organisé. Et ensuite et surtout, il ajoute la photographie, puis les empreintes digitales (m^me s’il était réticent).

Le 11 août 1893, un décret présidentielle créé le Service de l’identification judiciaire. Bertillon ajoute un nouvel élément à ses activités : le traitement de la scène de crime avec prise de photos et recherche et exploitation des indices.

A partir de là, ce sont les britanniques qui vont développer et intégrer dans la Police Technique et Scientifique naissante l’identification par les empreintes digitales. Non seulement, ça permet de retrouver les récidivistes, mais en plus quand on relève les empreintes sur la scène de crime, ça permet de les comparer avec celles de suspects et de confondre le coupable.

Bertillon n’est pas favorable à l’utilisation des empreintes digitales. Sans doute pour protéger sa méthode des mesures anthropométriques, appelée le Bertillonnage. Pourtant, c’est lui qui met en œuvre la technique des empreintes digitales le 17 octobre 1902. C’est dans l’affaire Henri-Léon Scheffer, un voleur et assassin qui a laissé ses empreintes digitales sur la vitrine qu’il a fracturée. Comme il était déjà connu et répertorié dans les fiches de la police, il est arrêté, il reconnaît les faits et finira au bagne.
Il semble en fait que les empreintes aient seulement servies à confirmer la culpabilité de Scheffer (c’est lui qui est en photo) qui avait été identifié par une enquête de police sur les relations qu’il entretenait avec la victime. Mais bon, c’était quand même une première. A moins que ce soit une affaire résolue par le policier Juan Vucetich, en Argentine en 1892.
C’est une peu le problème des grandes innovations, il y a toujours une rivalité pour se les approprier. Et dans le cas présent, la Police Technique et Scientifique ne va pas pouvoir nous aider à résoudre cette énigme.

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Fiche Henri Leon SCHEFFER
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